Textos – 6

Ce matin…

Oui… ce matin?

Ta voix est… différente.

Tu l’entends? Vraiment?

J’entends toujours tout de toi.

Même si…

Je t’entends d’aussi loin que tout
ce qui veut voler. Tu as frôlé en douce
mon cœur un peu tympan…

         …avec une aile
qu’on a cueillie ensemble… en un jardin d’escousses.

😉

Toi aussi?

Oui…

 

Selfies – 5

So you wake up one day un ciel tout-puissant se dilate un monde en ton ventre un monde nouveau et aux clartés sans nom qui te perforent le front d’iris naissants et extasiés.

Just try to relax.

Tout est feu de vie inqualifiable à circuler cyclone en toi autour à travers tout tu sens le moindre souffle passer la moindre vague aveugle qui refoule entre tous ces corps ces nœuds tendus ces filaments cassés qui ont dû être promesses d’incandescence autrefois oui tous ces corps qui t’étaient familiers et que tu reconnais trop maintenant tu les entends penser tu les entends vouloir te vouloir toi oui te vouloir en vain parce que quelque chose en eux t’aspire quelque désespoir qui t’en voudra toujours un peu quelque tristesse qui cherchera trop à t’étreindre à t’éteindre oui tous ces corps tu les entends répéter se répéter tout répéter oui tout sauf LA question la seule question qui compte vraiment quand toi tu n’es que la plus simple des réponses que rien n’écoute que rien n’écoute jamais sauf peut-être oui peut-être cette fois-ci parce qu’il t’arrive encore d’y croire et c’est alors qu’une tendresse inhumaine presque solaire t’envahit aussi just try to relax you my little flare you.

Just try to relax.

Puis le silence des quais déserts. Des plages d’automne. Tu repenses souvent à ce silence qui ne demandait rien d’autre qu’une main qui avait eu besoin de se réchauffer dans la tienne. Ce silence aux orteils engourdis par l’eau un peu trop froide. Tu l’entends presque encore se creuser un petit bonheur dans le sable. Entre deux cris de mouettes.

Is it lost for good?

Textos – 5

Me semble que ça fait longtemps que t’as pas donné de nouvelles.

Je reviens. Il y avait autrefois par ici
un corps que j’étais à peine. Un corps
qui hoquetait ses contacts loin en amont
de vigilances noyées sous des lueurs d’étoiles

Je veux dire… t’aurais pu me dire où t’étais… ce que tu faisais.

trop pures. Mais aujourd’hui je reviens seul. Sans autre
preuve de moi-même que ma présence. Et ma chair
à venir. Elle se réchauffe encore au tout début.

Enfin… quand même contente de te savoir en vie.
🙂

En vie…?
Je pense que le mot est pas assez fort.
😉

Selfies – 4

You always cared too much. C’est parce que j’étais un calinours défectueux. Never approved for sale. Je n’étais pas lavable à la machine et ce que j’avais de brodé sur le ventre ça n’était ni un cœur ni un soleil ni une fleur ni une étoile filante. But a carebear veiling it’s own belly. Et sur ce ventre un autre calinours se voilait le ventre. Like a mirror in a mirror in a mirror...

J’étais un calinours fractal.

Je le suis encore d’ailleurs. If you can dream just send a wish out in the dark. Et tu verras mes ventres se découvrir l’un après l’autre pour te sourire jusqu’à ce que tout convulse.

I’ll show you fear in a Care Bear’s Countdown

Five.

Tu te réveilles rivé de confusion à une civière aux voix inquiètes qui te demandent le jour ou l’heure alors que tout ce qui  te souvient peut-être encore un peu c’est ta naissance qui se répète ici en te révélant que l’amour qui porte au cœur est aussi absolument vulnérable et impuissant…

Four.

…que le petit noyau de soleil battant encore au sein de cette terre qui pèse sur toi comme une brûlure insoutenable au placenta des décilliards de vies en fusion que tu ne vivras jamais mais que tu ressens toutes comme si c’était celles que tu avais gâchées…

Three.

…dans ces printemps en fleurissements perpétuels qui t’emportaient pollen aux vents multicolores mais sans lendemain parce que tes étés ne sont jamais arrivés à pleuvoir comme du monde et que tes automnes te laissent toujours sans fruit…

Two.

… sauf pour l’étoile inconnue que tu portes sans savoir s’il faut courir avec ou la lancer dans ce trop vaste terrain de jeu qui t’entoure de visages te suppliant de faire une passe un but tu ne sais pas tu ne connais pas le jeu les règles…

One.

…qu’est-ce que tu fais ici?

 

Should I stay or should I go now?