Textos – 5

Me semble que ça fait longtemps que t’as pas donné de nouvelles.

Je reviens. Il y avait autrefois par ici
un corps que j’étais à peine. Un corps
qui hoquetait ses contacts loin en amont
de vigilances noyées sous des lueurs d’étoiles

Je veux dire… t’aurais pu me dire où t’étais… ce que tu faisais.

trop pures. Mais aujourd’hui je reviens seul. Sans autre
preuve de moi-même que ma présence. Et ma chair
à venir. Elle se réchauffe encore au tout début.

Enfin… quand même contente de te savoir en vie.
🙂

En vie…?
Je pense que le mot est pas assez fort.
😉

Selfies – 4

You always cared too much. C’est parce que j’étais un calinours défectueux. Never approved for sale. Je n’étais pas lavable à la machine et ce que j’avais de tatoué sur le ventre ça n’était ni un cœur ni un soleil ni une fleur ni une étoile filante. But a carebear veiling it’s own belly. Et sur ce ventre un autre calinours se voilait le ventre. Like a mirror in a mirror in a mirror...

J’étais un calinours fractal.

Je le suis encore d’ailleurs. If you can dream just send a wish out in the dark. Et tu verras mes ventres se découvrir l’un après l’autre pour te sourire jusqu’à ce que tout convulse.

I’ll show you fear in a Care Bear’s Countdown

Five.

Tu te réveilles rivé de confusion à une civière aux voix inquiètes qui te demandent le jour ou l’heure alors que tout ce qui  te souvient peut-être encore un peu c’est ta naissance qui se répète ici en te révélant que l’amour qui porte au cœur est aussi absolument vulnérable et impuissant…

Four.

…que le petit noyau de soleil battant encore au sein de cette terre qui pèse sur toi comme une brûlure insoutenable au placenta des décilliards de vies en fusion que tu ne vivras jamais mais que tu ressens toutes comme si c’était celles que tu avais gâchées…

Three.

…dans ces printemps en fleurissements perpétuels qui t’emportaient pollen aux vents multicolores mais sans lendemain parce que tes étés ne sont jamais arrivés à pleuvoir comme du monde et que tes automnes te laissent toujours sans fruit…

Two.

… sauf pour l’étoile inconnue que tu portes sans savoir s’il faut courir avec ou la lancer dans ce trop vaste terrain de jeu qui t’entoure de visages te suppliant de faire une passe un but tu ne sais pas tu ne connais pas le jeu les règles…

One.

…qu’est-ce que tu fais ici?

 

Should I stay or should I go now?

Textos – 4

Phil.?.

Oui…

Il faut que je te dise quelque chose…

Oui…

Ben…

Tu sais déjà que je t’attends de loin. Que j’entends
ta voix dans mes plus beaux silences. Je reconnaîtrais
même au soleil ton doux parfum d’étoile en fleur. Je suis
né seul dans un monde sans toi. Et ton absence fêle encore

Suspense…

mon tout premier souffle.

Fait que je voulais te dire que…

Que…

…que t’es quelqu’un d’intense!

Hihihi!

LOL!

😉

Selfies – 3

– C’est pas toi c’est moi…

C’était la vérité même si j’ai longtemps cru qu’on me disait ça pour être gentil. Like all young men you greatly exaggerated the difference between one and another.

Les anges les moins blasés doivent vite apprendre à feindre un peu d’indifférence pour attiser l’intérêt de leur Seigneur. Everybody knows. Moi c’est seulement quand j’ai réalisé que Dieu était trop princesse pour aimer autant que moi que j’ai mis une croix sur notre relation.

You’ve always been too much. Ça doit être vrai parce que ma psy me l’a dit dès notre première rencontre.

– T’es vraiment quelqu’un d’intense…

Tell me something I don’t know. Bien sûr je l’ai laissée m’écouter et ne rien me dire de neuf pendant quelques semaines pour qu’elle se sente tout de même compétente et que je puisse repartir aussi tout seul au monde que jamais avec un beau gentil sourire guéri. You were so nice to her.

– Parle-moi de ta relation avec tes parents.

Il faut toujours se retenir de rire avant de répondre aux questions qu’on nous pose sérieusement. Because it all started with your mother. Je sais et ce que je fais avec toi pour que tu te sentes bonne ça s’appelle du transfert.

– On dirait que tu étais très affectueux avec ta mère…

You were always in her arms. Parce que je me sentais seul de la sentir seule et désemparée avec tout ce besoin d’amour qui débordait d’elle comme la rosée d’une fleur trop sage et raisonnable et qu’elle ne se donnait le droit d’exprimer sans honte qu’en consolant son enfant d’une solitude à laquelle il fallait bien que je croie puisqu’elle était là de toute façon.

There, there, mother.