Quatrains – 11

Nous sommes d’un sous-sol en-dessous des leurs. Nos visages
laissent parfois une buée d’asphyxie à leurs pieds. Et nos maigres
doigts s’accrochent à eux. Sentiraient-ils la prière? Leurs jambes
parfois, semblent se secouer de nous, comme si nous existions.

Septains – 9

Tu caresses rues et trottoirs. C’est pour sentir tes doigts
frôler le crevassé. On ne touche rien d’autre par ici.

Tout est coque de cendre – écorce cuite de parchemins
illisibles. Le monde s’effrite au moindre contact.

Ton existence a des silences de suaire.

Une brise et la ville disparaîtrait. Mais rien ne frémira
plus. Le soleil a figé à jamais un ciel mort.

Septains – 7

Tu entendais le battement du monde. L’espace
était tension et rythme. La vie gorgée de vie.

Tu courais de nuit pour que tes mains s’envolent
en enflammant le ciel de pulsations joyeuses.

Tu n’avais rien. Tu étais vitesse nue. Le vide sifflait
autour de toi comme un pur commencement.

L’aube ne s’est pas fanée. C’est elle qui t’exige.