Septains – 23

Tu ne dors plus que dans tes rêves. C’est à cause des galeries
que creuse ton insomnie depuis que tu as voulu l’enfouir.

Elles ont percé à la surface. Tu es devenu une mine
désaffectée d’éveils à vif. Et des vies enterrées

te hantent de toutes leurs chairs intactes.

Rien ne meurt. Ce que tu pouvais être criera toujours
au fond de son abandon. Pour que tu reviennes l’extraire enfin.

Septains – 22

Le jour est parti en voyage. Suis-le vite. La nuit
commence déjà à engourdir ta porte. Elle scelle
tout ce qui veut s’ouvrir à l’horizon. Et le vent
te collera bientôt un noir pur à la fenêtre. Sans
dehors. Va-t’en avant que l’obscur te prenne.

Le cœur éteint du monde n’attend que le rythme
de tes pas pour battre rouge comme un soleil.

Quatrains – 20

Tu te joues dans le ventre avec de vieilles truelles
ébréchées. C’est pour éprouver ton visage. Tu l’aimes
imperturbé. Tu hurles mieux sans lui depuis que tu sais
planter tes cris dans le terreau qui germine sous ta chair.

Septains – 21

Tu ne l’as jamais vue. Mais tu l’entends parfois
respirer derrière toi. Tu te retournes alors vers elle.

Tu ne sens que son vide tout chaud près de ton corps.

C’est le silence qui cogne au seuil de ta vie. C’est l’ombre
qui guide tes meilleurs pas. C’est l’absence la plus proche.

Elle t’accompagne depuis plus loin que la mémoire. C’était
avant l’amour. Avant l’étreinte. Avant que tout se cherche.