Textos – 5

Me semble que ça fait longtemps que t’as pas donné de nouvelles.

Je reviens. Il y avait autrefois par ici
un corps que j’étais à peine. Un corps
qui hoquetait ses contacts loin en amont
de vigilances noyées sous des lueurs d’étoiles

Je veux dire… t’aurais pu me dire où t’étais… ce que tu faisais.

trop pures. Mais aujourd’hui je reviens seul. Sans autre
preuve de moi-même que ma présence. Et ma chair
à venir. Elle se réchauffe encore au tout début.

Enfin… quand même contente de te savoir en vie.
🙂

En vie…?
Je pense que le mot est pas assez fort.
😉

Septains – 35

Il pleut. Un froid décoloré colle encore au mois
de mai qui commence. Un froid qui tiendra moins
que les nuages jaunissants sur le carton de ce collage…
Tes filles te l’avaient donné pour ton dernier anniversaire.

Tu conserves presque tout ce qu’elles font. Même si tu sais
que les souvenirs respirent mal au fond de leurs boîtes.

Et que les nuages finissent toujours pas décoller.

Septains – 33

Nous sommes arrivés trop tôt. Sans
cuir. Poupons de plaies ouvertes. Anges
de chairs crues – cautérisées au pur
igné de naissances à jamais inachevables.

Nous sommes du cousu de cicatrice
mal lissée. Des peaux qui tiennent presque
au tatouage. De la tendresse oubliée.

Septains – 32

Tu dérivais sur une ville en ruines. Sur un torrent
d’asphalte gercé. Tu t’écoulais tout en fragments
dépecés sur le vif hurlé de l’abandon. Mais ton sang
noirci d’hivers trop longs – ton sang durci à l’air frigide
des fins du monde – emmaillotait ta vie défaite en millions

de chrysalides.

Pour que tu renaisses essaim de réverbères.